La perte d’équilibre et chute chez une personne âgée : causes et solutions

Pertes d’équilibre : penser la chute comme un symptôme


Les pertes d’équilibre ainsi que les étourdissements chez la personne âgée concernent généralement les sujets qui ont des vertiges ou une tension basse. Mais les personnes de tous âges peuvent souffrir d’étourdissements.
Les chutes sont à inclure dans les symptômes potentiels de certaines pathologies et non uniquement comme des accidents isolés. Il est important de les signaler à son médecin. D’autant plus que les causes de vertiges chez les personnes âgées sont nombreuses. Selon les professionnels de santé, les troubles de l’équilibre peuvent découler d’un problème d’hypotension, de fatigue ou d’une perte de masse corporelle (dénutrition).

Quelles sont les causes de la perte d'équilibre chez la personne âgée ?


Les causes de chute chez les personnes âgées et les facteurs pouvant les favoriser sont nombreux et souvent associés pour le même patient.
Il est classique de considérer les facteurs de vulnérabilité qui favorisent la chute et les facteurs déclenchants qui vont la provoquer.

Les facteurs favorisants qui prédisposent à la chute – que celle-ci soit due à un étourdissement de la personne âgée ou non - sont, entre autres :
 • l’âge (≥ 80 ans)
 • des antécédents traumatiques, la polymédication (psychotropes…)
 • l’arthrose, l’ostéoporose, etc.

Les facteurs déclenchants ou précipitants peuvent, quant à eux, être cardio-vasculaires (malaises, tension basse…), neurologiques (vertiges), métaboliques (médicaments hypoglycémiants), environnementaux (faible éclairage, encombrement des lieux). La sarcopénie - ou perte de masse et de force musculaire qui intervient lors du vieillissement - entraîne inéluctablement une altération des capacités d’adaptation en situation de déséquilibre et majore donc le risque de chute chez la personne âgée. C’est dans cette optique que la dénutrition peut être un facteur associé des chutes et qu’une perte de poids soudaine ou inexpliquée devrait être considérée avec une attention accrue.

La malnutrition protéino-énergétique aggrave encore plus la fonte musculaire liée à l’âge et dégrade la fonction musculaire (force et puissance), augmentant ainsi le risque de chute chez la personne âgée dénutrie.
La perte de poids récente représente le critère diagnostique le plus fiable d’une malnutrition : une perte de poids de plus de 5% en un mois et 10% en six mois signant une dénutrition selon les critères de la Haute Autorité de Santé (HAS). Si le poids antérieur n’est pas connu, la connaissance du poids actuel et de la taille disponible sur la carte d’identité permettront de déterminer l’indice de masse corporelle (poids/taille) qui est aussi un indicateur très utile et qui signera une malnutrition s’il est inférieur à 21. Une échelle simple telle que le Mini Nutritional Assessment (MNA), en version courte, reprend l’ensemble de ces données : elle permet de dépister les situations à risque de malnutrition. En cas de score inférieur à 12, un MNA global sera réalisé ; un score inférieur à 17 affirmant la malnutrition. L’interrogatoire devra enfin s’attacher à rechercher toutes les pathologies chroniques et évolutives.

Par ailleurs, le déficit en vitamines et minéraux est extrêmement fréquent chez les seniors. Les patients qui ne sortent que peu de chez eux depuis plusieurs mois sont particulièrement à risque de déficit en vitamine D.
La supplémentation en vitamine D permet à la fois de limiter les pertes d’équilibre, le risque de chute chez la personne âgée (amélioration de la fonction musculaire) et le risque de fracture (effet sur l’os).

Quelles sont les solutions face aux chutes des personnes âgées ?


Prendre en charge les patients chuteurs


La prise en charge des patients chuteurs ne saurait se limiter à une intervention sur un seul facteur de la chute mais doit au contraire agir sur plusieurs domaines. Parmi ceux-ci, l’amélioration de la fonction musculaire est essentielle à la prévention des chutes chez la personne âgée fragilisée qui présente par définition une diminution de la force musculaire, le plus souvent associée à une perte de poids. L’amélioration de la fonction musculaire comprend l’augmentation de la force musculaire d’une part, et l’augmentation de la masse musculaire d’autre part. Ces améliorations sont obtenues par la pratique d'exercices musculaires qui doivent être progressifs et d’une intensité suffisante pour augmenter la force musculaire. Ils doivent être acceptables pour des patients âgés et poursuivis sur la durée.

Les apports protéiques et énergétiques


Les apports protéiques et énergétiques doivent cependant être suffisants pour permettre de tels bénéfices. En effet, l’exercice physique en lui-même entraîne un catabolisme musculaire qui excède la synthèse dans un premier temps ; l’adjonction d’apports protéiques complémentaires possède une action synergique sur la synthèse musculaire.
L’association de l’exercice physique et d’une supplémentation protéino-énergétique a montré son efficacité non seulement sur l’amélioration de la composition corporelle, mais aussi sur la fonction musculaire. Les apports énergétiques doivent être suffisants pour permettre la synthèse protéique liée à l’exercice et doivent être augmentés en fonction de l’exercice.

Une supplémentation protéique de 15 à 20 g (jusqu’à 30 g pour la personne âgée dénutrie) peut être associée à de l’exercice. Les apports protéiques ne peuvent être dissociés des apports énergétiques qui doivent impérativement être augmentés en proportion pour atteindre 30 à 35 kcal/kg/jour chez le sujet en apparente bonne santé et 35 à 40 kcal/kg/jour chez le sujet dénutri en fonction de l’intensité de l’exercice pour permettre la synthèse protéique, jouer un rôle positif dans la composition corporelle et participer à la prévention des chutes de la personne âgée. Il faut s’assurer par ailleurs qu’il n’y a pas de diminution simultanée des apports calorico-azotés via l’alimentation naturelle.

Source :
Hébuterne X et al., Traité de nutrition de la personne âgée, Ed Springer 2008

Dare de publication 01/12/2020
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33%
Environ un tiers des sujets de plus de 65 ans font une chute dans l'année et 10 à 25% font des chutes répétées. Le risque de chute augmente avec l’âge et devient majeur au-delà des 80-85 ans.
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Repérer et évaluer la dénutrition avec le MNA (Mini Nutritional Assessment)

Le MNA est un outil simple de dépistage et d'évaluation pour détecter la dénutrition chez les personnes âgées. Il a été validé pour les personnes de plus de 65 ans. Il se présente en version longue composée de 17 questions et en version courte de 12 questions. En cas de score inférieur à 12 sur la version courte, un MNA global (version longue) sera réalisé pour confirmer la malnutrition (score inférieur à 17).
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Renourrir le patient chuteur dénutri

La prise en charge nutritionnelle par compléments nutritionnels oraux est recommandée dans les suites d’une chute ou d'une fracture si le patient est détecté dénutri, par exemple après une fracture du col du fémur. Elle se fera à l'aide de produits hypercaloriques et hyperprotéinés, concentrés en vitamines et minéraux, afin de couvrir au mieux les besoins du patient chuteur dénutri.
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Supplémenter en vitamine D

La supplémentation en vitamine D a montré son efficacité pour prévenir les chutes et les fractures. Elle permet à la fois de limiter le risque de chute (amélioration de la fonction musculaire) et de réduire le risque de fracture (effet sur l’os).

 

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