Diarrhées : définition, causes et traitements


Qu'est-ce que la diarrhée ?



Il existe de nombreuses définitions de la diarrhée. En pratique clinique une définition classique est l'émission de selles soit trop fréquentes, plus de trois quotidiennes, soit en quantité trop importante (plus de 300g/ semaine) et/ou de consistance anormale, de très molle à liquide1. On distingue différents types de diarrhées7 :
• La diarrhée aiguë : elle est d’apparition brutale et évolue depuis moins de deux semaines1
• La diarrhée prolongée : elle évolue depuis deux à quatre semaines1
• La diarrhée chronique : elle évolue depuis plus d’un mois1

Une diarrhée est le plus souvent bénigne, survenant fréquemment à l’occasion d’épidémies hivernales virales6. Dans sa forme aiguë, sur des terrains fragiles : nourrissons, personnes âgées, immunodéprimées, diabétiques ou cardiaques2,3,6 elle peut entraîner un risque de déshydratation, de décompensation de la pathologie (aggravation brutale) et d’insuffisance rénale important. Une diarrhée chronique expose le patient à une perte de poids, associée ou non à une dénutrition3 d’où l’importance de déterminer l’étiologie d’une diarrhée et la prendre en charge.

Quels sont les principaux symptômes de la diarrhée ?



Le principal symptôme de la diarrhée aiguë ou chronique consiste en l’évacuation de selles liquides, à une fréquence plus ou moins rapprochée. Les selles sont de consistance anormale (molle ou aqueuse) et leur poids dépasse 300 g par jour2,3. Elles peuvent s’accompagner d’émissions de glaire ou de sang qui peuvent être dissociées des matières fécales2,3 et de douleurs abdominales.

Quelles sont les causes de la diarrhée ?



Les causes de la diarrhée sont nombreuses et dépendent du type de diarrhée, le diagnostic étiologique est donc parfois difficile. Un interrogatoire et un examen clinique attentifs fournissent dans la majorité des cas une orientation diagnostique permettant de restreindre les examens complémentaires. Les trois groupes d’éléments à analyser sont les caractères cliniques de la diarrhée (sanglante, grasse…), les signes associés (digestifs, extradigestifs et généraux) et le contexte. Il faut rechercher toutes les prises médicamenteuses (y compris les laxatifs, le magnésium…) et des causes alimentaires (responsables d’un effet osmotique) : excès de lait, miel, fruits, sucreries.

La diarrhée aiguë peut avoir pour origines2 :
• Une infection virale (gastro-entérite), bactérienne (en lien avec l’ingestion d’un aliment contaminé par E. coli ou une salmonelle) ou parasitaire (giardiase…)
• Le changement d’alimentation ou le stress par exemple lors d’un voyage
• Une intolérance alimentaire
• La pratique d’un sport8 notamment la course à pied qui, pratiquée de façon intensive peut provoquer une souffrance tissulaire à l’origine de la diarrhée

À l’issue de l’étape clinique, l’étiologie précise de la diarrhée chronique ou l’un des 7 groupes d’étiologies est souvent fortement suspectée et devra être confirmée par des examens complémentaires appropriés4.
• Les origines lésionnelles (quand la présence de sang ou de glaires dans les selles fait suspecter l’existence de lésions)
• Les causes motrices
• Les malabsorptions
• Les causes sécrétoires
• Les causes osmotiques
• Les entéropathies exsudatives
• Les diarrhées volumogéniques (exceptionnelles)

La diarrhée par malabsorption



La malabsorption par maldigestion et la malabsorption par insuffisance intestinale peuvent être à l’origine de diarrhées chroniques5. Dans la première situation, les capacités d’absorption sont conservées mais la maldigestion (le plus souvent liée à une insuffisance pancréatique) place l’intestin face à des nutriments mal digérés5. De ce fait, ces derniers ne peuvent être transportés de la lumière intestinale vers la circulation mésentérique.

Dans la seconde situation, c’est le processus de digestion qui est intact mais l’intestin n’est plus en mesure d’assurer sa fonction d’absorption du fait d’une réduction de surface d’absorption ou de maladie (ex : maladie cœliaque). Dans ce cas, les selles sont abondantes, volontiers boueuses, parfois graisseuses (auréole huileuse sur le papier hygiénique). Leur fréquence peut être normale et la diarrhée est souvent dépendante de l’alimentation (ne persiste pas à son arrêt)5.
Pour en savoir plus, consultez notre article sur la malabsorption chez l'adulte.

La diarrhée iatrogène



La diarrhée est un effet indésirable fréquent de certains médicaments. La diarrhée iatrogène est une diarrhée aiguë, sans fièvre, qui cesse à l’arrêt du traitement3. Les médicaments le plus souvent en cause sont les antibiotiques, les antiacides, les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les chimiothérapies anticancéreuses, les digitaliques et la colchicine. On relève que plus de 10% des patients recevant un traitement antibiotique présentent une diarrhée aiguë, bénigne et qui disparaît à l’arrêt du traitement3.

Gastro-entérite et diarrhée aiguë : ne pas confondre les signes



Les diarrhées chroniques (diarrhée qui dure depuis plus d’ 1 mois) liées à des pathologies, et les gastro-entérites sont deux phénomènes bien différents avec des conséquences communes notamment les déshydratations temporaires nécessitant une renutrition ponctuelle3.

La gastro-entérite est une infection inflammatoire de la muqueuse du tube digestif. Elle se caractérise principalement par des douleurs abdominales (mal de ventre et ventre qui gargouille), de la diarrhée, associés à des vomissements6.

La gastro-entérite est souvent d’origine virale, elle peut également être causée par une inflammation bactérienne ou parasitaire. La gastro-entérite peut aussi provoquer une fièvre (fièvre modérée), voire du sang dans les selles6.

Combien de temps dure une diarrhée ?



Une diarrhée aiguë dure moins de deux semaines, la plupart du temps ce sont des épisodes brefs, durant moins de 24 heures et ne donnant pas lieu à une consultation2médicale. Une diarrhée chronique évolue depuis plus d’un mois1.

Diarrhée de l’adulte : quand s’inquiéter ?



Compte tenu des risques associés, une diarrhée qui persiste, accompagnée ou non de douleurs abdominales, reste un phénomène anormal et doit inciter à demander un avis médical2.
Une diarrhée chronique nécessite un traitement spécifique et adapté afin de prévenir les états de dénutrition qui peuvent être associé1.

Que faire et que manger en cas de diarrhée ?



La prise en charge de la diarrhée est avant tout celle de sa cause. Le traitement est purement symptomatique en cas de gastroentérite virale banale au caractère aigu, ou plus spécifique en cas de diarrhée chronique.

Les diarrhées aiguës sont bénignes et d’évolution spontanément favorable dans la majorité des cas. Le traitement d’une diarrhée aiguë comporte toujours des recommandations d’hygiène (lavage des mains, ne pas partager les objets de toilette ni les couverts…), d’hydratation (ingestion de liquides correspondant à la perte de poids corporel, apports salés pour compenser les fuites en sodium, solution de réhydratation orale chez l’enfant et les personnes âgées) mais aussi d’alimentation. L’ingestion de bouillons salés en abondance, des repas légers contenant du riz, des pommes de terre, des pâtes, de la semoule, des légumes cuits, des viandes maigres sont conseillés. Les repas copieux ainsi que le lait et les produits laitiers, de manière générale les aliments riches en fibres comme les fruits non pelés et les crudités sont à éviter6. Les antidiarrhéiques peuvent atténuer et stopper rapidement un épisode de diarrhée sans gravité mais leur utilisation ne doit pas être systématique3.

En cas de diarrhée chronique, le traitement sera décidé en fonction des pathologies diagnostiquées (maladie chronique inflammatoire de l’intestin, ischémie sévère, etc.), des médicaments ou des pathogènes impliqués6. En cas d’entéropathie exsudative d’origine lymphatique la prise en charge est essentiellement basée sur un régime restreignant les triglycérides alimentaires à chaîne longue et remplaçant ces derniers par des triglycérides à chaîne moyenne. Les chélateurs des acides biliaires ont un effet thérapeutique en cas de malabsorption des acides biliaires (fréquente en cas d’intestin irritable). Le lopéramide a une action anti-sécrétoire et ralentissant le transit4.

 

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