L’indice de masse corporelle : définition, signification et utilisation dans la dénutrition

L’indice de masse corporelle : définition, signification et utilisation dans la dénutrition

Qu’est-ce que l’Indice de Masse Corporelle (IMC) ?


L’Indice de Masse Corporelle encore appelé IMC ou indice de Quetelet est un indice basé sur la mesure du poids par rapport à la taille1.
Il se calcule en divisant le poids (en Kg) par le carré de la taille (en m). Le résultat obtenu est exprimé en kg/m2. 1

Par conséquent, pour une personne de 70 Kg et mesurant 1,75 m, l’IMC obtenu sera le suivant1 :

70 (Kg)/1,75 (m)2 = 22,9 Kg/m2

L’IMC est un outil communément utilisé pour évaluer si son poids est sain. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) utilise l’IMC comme outil de référence pour définir la classification du déficit pondéral, du surpoids et de l’obésité. Les valeurs seuils de l’IMC recommandées par l’OMS pour définir le statut pondéral d’un sujet sont les suivantes1 :
• IMC < 18,5 Kg/m2 insuffisance pondérale
• 18,5 ≤ IMC < 24,99 Kg/m2 : statut pondéral normal
• IMC > 25 Kg/m2 : surpoids
• IMC > 30 Kg/m2 : obésité

Le mode de calcul de l’IMC est indépendant de l’âge et analogue pour les deux sexes. Les valeurs de l’IMC et leurs significations sont similaires pour les hommes et les femmes. L’IMC normal de l’homme et l’IMC normal de la femme seront donc tous les deux compris entre les valeurs de 18,5 et 24,99 Kg/m2.1

Les limites de l’IMC


L’IMC est un outil couramment utilisé pour le diagnostic d’un déficit ou d’une surcharge pondérale et la prévention des risques et des comorbidités associées. Il présente toutefois un certain nombre de limites :

1. Il ne prend pas en compte la composition corporelle
L’IMC ne permet pas de différencier le poids associé à la masse musculaire de celui associé au tissu adipeux (graisse corporelle).1 Un grand sportif doté d’une masse musculaire importante pourra ainsi présenter un IMC élevé sans pour autant être en surpoids.

2. Il ne tient pas compte de la différence entre les sexes
Le calcul de l’IMC est identique pour les hommes et les femmes. Or le pourcentage de masse grasse est plus important chez les femmes que chez les hommes pour un même IMC.1

3. Il ne tient pas compte de l’âge
La formule de l’IMC n’intègre pas l’âge. Or le pourcentage de masse grasse augmente avec l’âge dans les deux sexes jusqu’à 60-65 ans pour décroître ensuite.1

4. Il n’est pas adapté à certaines populations
Il ne peut pas être utilisé tel quel chez les enfants et les adolescents pour lesquels l’IMC doit être interprété à l’aide des courbes de corpulence en fonction de l’âge et du sexe2.

5. Il ne tient pas compte des différences ethniques
La répartition des graisses peut être différente d’une population à une autre.1

L’IMC, un critère diagnostique de la dénutrition


L’IMC fait partie des outils de diagnostic de la dénutrition dont il constitue un des critères phénotypiques.

La dénutrition est décrite comme étant un état pathologique résultant d’un déséquilibre nutritionnel caractérisé par un bilan énergétique et/ou protéique négatif3. Elle est également perçue comme un état de malnutrition par défaut d’apports amenant le plus souvent à un amaigrissement2.

Chez l’enfant et l’adulte de moins de 70 ans, le diagnostic de la dénutrition repose sur la présence d’au moins un critère phénotypique et un critère étiologique3.
Chez l’enfant, il existe 3 critères étiologiques et 4 critères phénotypiques dont un IMC < courbe IOTF 18,5*.

• Chez l’adulte entre 18 et 70 ans, il existe 3 critères étiologiques et 3 critères phénotypiques dont un IMC < 18,5 kg/m2.
• Chez la personne âgée de 70 ans et plus, le diagnostic de dénutrition repose sur la présence d’au moins un des 4 critères comprenant un IMC < 21 kg/m2 3.

Au-delà du diagnostic, l’IMC permet également d’évaluer la sévérité de la dénutrition3
Chez l’enfant de moins de 18 ans3:
• Une valeur d’IMC comprise entre une courbe IOTF 17* et une courbe IOTF 18,5* permet à elle seule de qualifier une dénutrition modérée ;
• Une valeur d’IMC ≤ courbe IOTF 17* permet à elle seule de qualifier une dénutrition sévère

Chez l’adulte de moins de 70 ans3 :
• Une valeur d’IMC > 17 et < 18,5 Kg/m2 permet à elle seule de qualifier une dénutrition modérée ;
• Une valeur d’IMC ≤ 17 Kg/m2 suffit à qualifier une dénutrition sévère.

Chez le sujet âgé de 70 ans et plus3 :
• Une valeur d’IMC < 18 Kg/m2 suffit à elle seule à qualifier une dénutrition sévère.

Comprendre et prévenir la dénutrition chez le sujet âgé est un enjeu de santé publique majeur dans un contexte où se conjuguent vieillissement de la population et accroissement des maladies chroniques. Alors qu’avant 65 ans la perte de poids peut être recherchée pour prévenir certaines maladies chronique, après 70 ans cette perte de poids est un facteur de surmortalité .
La dénutrition chez le sujet âgé peut être déclenchée par des problèmes médicaux, économiques ou sociaux. Elle passe souvent inaperçue et peut rapidement favoriser des situations pathologiques en cascade telles que des chutes, des fractures, des infections nosocomiales, des complications postopératoires, des escarres… toutes susceptibles de conduire à une perte d’autonomie4.

L’avancée en âge fragilise le statut nutritionnel et tout l’enjeu est de repérer précocement les premiers signaux d’alerte tels que la perte de poids et de mettre ou remettre en place de bonnes habitudes alimentaires.

*Les courbes de l’IOTF (International Obesity task Force sont celles préconisées par le Plan National Nutrition Santé pour la surveillance de la corpulence des enfants et sont largement utilisées au niveau national et international. Si l’IOTF ne propose pas de courbes de corpulence avant deux ans, le comité d’expertise a souhaité les prolonger par les courbes « AFPA- CRESS/Inserm -CompuGroup Medical 2018 » sur cette tranche d’âge, afin de permettre la visualisation du pic de corpulence autour de neuf mois.

La dénutrition concerne plus de 2 millions de personnes en France4.
La dénutrition concerne 4 à 10 % des plus de 65 ans vivant à domicile, 15 à 38 % des personnes âgées vivant en institution et 30 à 70 % des malades âgés hospitalisés5.
conseils

Enrichir l'alimentation du sujet âgé

Donner des conseils nutritionnels et enrichir l’alimentation du sujet âgé en rajoutant dans son alimentation de la poudre de lait, du beurre, de la crème fraîche, du fromage râpé ou des œufs3.
Conseils

Compléments nutritionnels oraux

Des compléments nutritionnels oraux peuvent être prescrits pour augmenter l’apport journalier en énergie et en protéines3.
Références

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